Fabienne prend enfin de la distance

Fabienne est une femme de 60 ans qui vit seule. Elle a 2 enfants, une fille et un garçon. Elle vient de se séparer d’avec son ami avec qui elle projetait de se marier. Elle est en colère. Elle a besoin d’arrêter de fumer
Au fur et à mesure des consultations, elle reprend confiance, dit que sa colère est partie et qu’elle se sent mieux. Elle parle de son enfance… semble plus apaisée.
Puis un jour, lors d’une nouvelle consultation, elle m’explique qu’elle se sent seule, que sa fille n’est pas très disponible pour elle alors qu’elle attend beaucoup d’elle… Alors, tout s’écroule… Elle me dit qu’elle veut se suicider parce qu’elle en a marre de vivre, que sa vie n’a plus de sens car elle cette solitude lui pèse, qu’elle ne sert à rien…
Elle parle de se suicider et surtout, elle explique comment elle envisage de le faire afin que ses enfants ne remarquent pas que c’est un suicide. En effet, son ex mari s’étant lui même suicidé, elle ne veut pas que ses enfants subissent à nouveau ce drame. Elle explique qu’elle va procéder de manière à ce que ses enfants pensent à un accident.
Compte tenu de notre travail déjà bien engagé en biodynamique, je me suis dit à ce moment précis qu’il était opportun de lui proposer un autre angle de travail, en l’invitant à aller dans la création… Il fallait qu’elle sorte de cet état, voir de quoi elle était capable, et surtout qu’elle s’intéresse à autre chose, qu’elle utilise ses ressources artistiques.
Je lui parle de l’Art Thérapie, lui propose de faire une toile, et lui demande de réfléchir sur ce qu’elle va dessiner dans le cadre d’une première séance. Elle me dit qu’elle ne sait pas peindre et je lui réponds que ce n’est pas important, qu’elle peut laisser parler le corps. Elle accepte. Le rendez-vous est pris pour la prochaine séance, et elle propose elle-même d’apporter une toile vierge… je la laisse dans son énergie et acquiesce.
Lors de cette première séance, je commence par lui faire prendre conscience de sa respiration, afin de voir comment elle se sent dans son corps, comme un ancrage corporel.
Puis, elle prépare sa palette et je lui fais réaliser que l’œuvre commence déjà là. Elle me dit qu’elle veut peindre quelque chose de simple.
Je l’invite à observer ce qu’il y a autour d’elle, la nature, les couleurs, les formes des arbres, afin de pouvoir ouvrir ses sens…. Elle décide de faire un paysage de montagne.

Dès qu’elle commence à peindre, j’observe qu’elle a le nez collé à la toile. Je lui propose, à chaque trait, de se reculer, de revenir à son corps, de respirer et de ressentir ce qu’elle voit. Ce mouvement de végétothérapie répétitif lui permet de « voir » ce qu’elle fait, ce que cela lui dit… Je la laisse faire, laisse émerger la dynamique de vie, le « processus dynamique curatif » afin que le stimulus intérieur puisse se développer complètement.
Les arrêts volontaires, à presque chaque traits, lui ont permis de lui faire prendre le recul nécessaire pour qu’elle observe ce qu’elle venait de réaliser et être dans les ressentis corporels.
Elle prend alors, toute seule, conscience du sens de l’observation et du sens de la prise de recul. Elle me dit qu’elle ne prend pas assez de recul dans sa vie. Sa prise de conscience forte !
La prise de recul a une grande importance pour avoir une vision globale de la toile et permettre à celle-ci d’être un guide pour la suite de l’œuvre.
Rendez-vous est pris pour une deuxième séance.
A la deuxième séance, elle regarde à nouveau sa toile et la voit différemment. Elle est agréablement surprise de son travail et elle se sent plus en confiance. Elle ne parle plus de suicide… elle fait des projets (qu’elle a mis en application depuis !). Elle continue sa toile, prend elle-même du recul…. Elle avance ainsi, pas à pas, en suivant le chemin de se qui se présente le jour ou cela se présente.

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